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Accueil Le Relevé de cycle Comment chiffrer des règles trop abondantes avant votre prochain rendez vous de gynécologie ?

  • guide pratique
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  • 10 minutes de lecture

Comment chiffrer des règles trop abondantes avant votre prochain rendez vous de gynécologie ?


Vous dites que vous perdez beaucoup, la consultation dure quelques minutes et la phrase se perd. Cet article donne la méthode pour transformer vos règles en chiffres tenus au jour le jour, protections, changements rapprochés, débordements, caillots et fatigue, puis pour en tirer une page que votre gynécologue lit en une minute.

Femme d’une quarantaine d’années assise au bord de son lit dans une chambre claire, un carnet réglé posé sur les genoux et un crayon à la main
Femme d’une quarantaine d’années assise au bord de son lit dans une chambre claire, un carnet réglé posé sur les genoux et un crayon à la main

La réponse tient en une phrase: vous cessez de décrire vos règles, vous les comptez, et vous ne comptez que cinq choses, chaque jour de saignement, jours faibles compris.

  1. Le nombre de protections utilisées dans la journée et leur type.
  2. Le nombre de changements faits en moins de deux heures.
  3. Les débordements: vêtement, siège, literie, avec l’heure.
  4. Les caillots, rapportés toujours au même objet de repère.
  5. Le retentissement du jour: fatigue, essoufflement, vertiges, activité annulée.

Trois cycles de ce relevé tiennent sur une page. Cette page se lit en une minute, elle se compare d’un cycle au suivant, et elle survit à une consultation courte. C’est tout ce que vous avez à produire avant votre prochain rendez vous.

Pourquoi le mot abondant ne dit rien à votre gynécologue

Vous êtes convaincue de perdre énormément. Vous le dites, et la phrase ne se transforme en rien. Ce n’est pas de la surdité, c’est un problème d’unité de mesure.

Ce qu’un récit oral laisse forcément de côté

Un adjectif ne se compare ni entre deux femmes, ni entre deux cycles de la même femme. Une patiente qui n’a jamais rien connu d’autre trouvera normal ce qu’une autre décrira comme une hémorragie.

Le récit oral efface aussi la chronologie. Vous racontez spontanément le pire jour, celui où vous avez changé de vêtement au bureau. Vous ne racontez presque jamais que le saignement a duré neuf jours au lieu de cinq, que les deux derniers jours étaient faibles, ou que le cycle précédent était plus court. Ce sont pourtant ces écarts que votre gynécologue cherche.

Enfin, la consultation est courte. Entre le récit du dernier cycle, la fatigue, la douleur et la question de l’hystérectomie que quelqu’un a prononcée, il faut choisir. Sans support écrit, c’est l’émotion du dernier épisode qui occupe le temps disponible.

Ce qu’une seule mesure change dans la discussion

Un chiffre, même imparfait, déplace la conversation. Dire que vous avez utilisé vingt huit protections sur six jours, dont onze changées en moins de deux heures, ce n’est plus une impression, c’est une observation datée.

Votre médecin peut alors faire ce qu’elle sait faire: comparer. Comparer ce cycle au précédent, comparer votre relevé à ce qu’elle observe chez d’autres patientes, comparer la période avant traitement et la période après. La grille pictographique dite score de Higham, utilisée depuis longtemps en gynécologie pour évaluer les pertes menstruelles, repose exactement sur ce principe de comptage.

Le relevé change aussi votre position dans l’échange. Vous n’êtes plus en train de convaincre, vous êtes en train de montrer. La différence se sent dès les deux premières minutes du rendez vous.

Les cinq observations à noter chaque jour de règles

Tout tient en cinq colonnes. Aucune ne demande de matériel, aucune ne demande de peser quoi que ce soit.

Protections utilisées et changements en moins de deux heures

Notez le nombre de protections et leur type: serviette normale, serviette nuit, tampon, coupe menstruelle vidée, culotte menstruelle. Un type par ligne, un bâtonnet par unité. Le total du jour se lit d’un coup d’oeil.

Ajoutez un repère distinct pour chaque changement effectué en moins de deux heures. C’est l’indicateur le plus parlant du relevé: il traduit un débit, pas un volume. Notez également les jours de double protection, tampon et serviette ensemble, ou serviette et culotte menstruelle.

Débordements, accidents de nuit, caillots et taille de repère

Un débordement se note avec l’heure et le lieu: vêtement traversé au travail à quinze heures, drap taché à quatre heures du matin, siège de voiture. L’heure compte, parce qu’un accident de nuit ne raconte pas la même chose qu’un débordement en pleine journée.

Pour les caillots, choisissez un objet de repère et n’en changez plus de tout le suivi: une pièce de deux euros, une pièce de un centime, une balle de golf. Notez le nombre de caillots et l’objet auquel ils ressemblent. Une taille comparée à un objet stable vaut mille fois mieux qu’un adjectif.

Fatigue, essoufflement, vertiges et journées manquées

La cinquième colonne est celle du retentissement, et c’est celle que l’on abandonne en premier. Notez sur une échelle de zéro à trois la fatigue du jour, l’essoufflement à l’effort ordinaire, deux étages ou une course, et les vertiges au lever.

Ajoutez une croix les jours où vous avez annulé, reporté, quitté plus tôt ou renoncé à sortir. Ces croix, alignées sur trois cycles, disent l’anémie ferriprive avant même qu’une prise de sang ne soit prescrite.

Tenir le relevé sans y passer de temps

Un relevé qui demande plus de dix secondes par saisie est un relevé abandonné au deuxième cycle. La méthode compte autant que le contenu.

Une saisie faite au moment où cela arrive, pas le soir

Vous notez au moment du changement de protection, pas le soir en essayant de reconstituer la journée. Une croix, un chiffre, jamais une phrase. Les phrases arrivent à la fin du cycle, quand vous relisez la colonne et que vous ajoutez deux lignes de commentaire, pas avant.

Le support importe peu tant qu’il est sur vous: un carnet quadrillé dans le sac, une feuille pliée dans la trousse de toilette, ou un carnet numérique ouvert en deux gestes. Ce qui compte, c’est que la saisie se fasse dans la minute qui suit le geste, là où vous êtes.

Le premier jour de règles, seul repère de date qui compte

Un relevé sans date de premier jour de saignement ne se compare à rien. C’est ce repère qui définit le cycle, qui permet de mesurer la durée des saignements et l’intervalle entre deux épisodes, particulièrement utile quand la périménopause raccourcit et allonge les cycles sans prévenir.

Une reconstitution faite trois semaines plus tard perd toujours la même chose: les jours faibles, les heures de débordement et l’ordre des événements. Vous garderez le souvenir du pire jour et rien d’autre, et c’est précisément l’information la moins exploitable.

Transformer trois cycles en une page discutable

Trois cycles sont le minimum pour qu’une tendance apparaisse. En dessous, vous montrez un épisode. Au dessus de six, personne n’aura le temps de lire.

Comparer un cycle à ceux qui le précèdent

Posez les trois cycles côte à côte, une ligne par cycle, cinq repères par ligne. Ce format tient sur une demi page et se lit debout.

Ce que vous portez sur la ligneCe que cela dit
Date du premier jour et nombre de jours de saignementLa durée réelle et l’intervalle entre les cycles
Total de protections sur le cycleLe volume approché, comparable d’un cycle à l’autre
Nombre de changements en moins de deux heuresL’intensité du débit et les journées à risque de débordement
Nombre de débordements et de caillots de taille repèreLe retentissement concret et la gêne sociale
Nombre de jours avec fatigue, essoufflement ou activité annuléeLa piste d’un retentissement général à explorer en biologie

Séparer ce qui vient du cycle et ce qui vient d’un traitement

Dès qu’un traitement est prescrit, inscrivez sa date de début en repère sur le relevé, en clair, à sa place chronologique. Sans cette date, aucune évolution n’est interprétable: vous ne saurez pas si le cycle plus calme vient du traitement ou de la variabilité ordinaire.

Notez de la même façon un arrêt, un changement de dose ou un oubli de plusieurs jours. Et continuez de noter pendant le traitement, y compris si tout va mieux: c’est la comparaison avant et après qui a de la valeur, pas la seule photographie de l’après.

Ce que votre médecin peut faire d’un relevé chiffré

Un relevé ne remplace aucun examen. Il permet de les demander plus tôt et de les demander en connaissance de cause.

Un bilan biologique demandé plus tôt

Des changements rapprochés répétés et une colonne de fatigue chargée orientent naturellement vers une numération formule sanguine et un dosage de ferritine, prescrits par votre médecin traitant ou votre gynécologue. Sans relevé, cette prescription attend souvent un cycle ou deux de plus.

Ces examens de biologie médicale sont réalisés sur prescription, et leurs conditions de prise en charge sont exposées sur le site de l’Assurance maladie. Récupérez systématiquement les résultats: ils feront la deuxième courbe de votre dossier, à côté de celle de vos cycles.

Une échographie ou une hystéroscopie posée sur des faits

Selon ce que montrent votre examen clinique et votre relevé, une échographie pelvienne endovaginale, une IRM pelvienne ou une hystéroscopie diagnostique peuvent être proposées. Le relevé ne décide de rien, mais il justifie la demande et il datera l’avant, ce qui comptera si un fibrome sous muqueux ou une adénomyose est mis en évidence.

Pensez alors à réclamer les comptes rendus écrits, et pas seulement le résultat annoncé oralement en fin d’examen. Vous êtes en droit de obtenir vos comptes rendus d’échographie et votre dossier médical complet, et cette pièce vous servira à chaque nouvel avis.

La page à poser sur le bureau en début de consultation

Le format à viser tient en une phrase: une page, trois cycles, cinq chiffres par cycle, deux lignes de retentissement, trois questions écrites à l’avance.

Les trois questions se préparent la veille, pas dans la salle d’attente. Elles portent sur ce que vous ne comprenez pas dans votre dossier, sur ce qui vous inquiète dans votre quotidien et sur les options qui restent ouvertes. Si le choix du mode de mesure vous fait hésiter, l’article qui met face à face le comptage des protections, la grille de score et la pesée vous aidera à trancher avant de commencer.

Le geste qui change tout est banal: vous sortez la feuille au début du rendez vous, pas à la fin. Posée en début de consultation, elle structure les quinze minutes qui suivent. Sortie au moment de vous rhabiller, elle ne servira qu’à repartir avec un rendez vous supplémentaire.

Chiffrer ses règles n’a rien d’une manie de comptable. C’est le seul moyen de faire entrer dans une consultation courte ce que vous vivez depuis des mois, et de préparer une décision qui sera peut être lourde. Un carnet quadrillé suffit à démarrer dès votre prochain cycle. Si vous préférez que les calculs, les courbes et la fiche d’une page se fassent seuls, le carnet de flux et le dossier myome de Myomelia reprennent exactement cette méthode, cycle après cycle. Pour voir à quoi ressemble une page de relevé sur trois cycles avant votre rendez vous, demandez une démonstration de Myomelia.

Vos cycles valent mieux qu’un souvenir approximatif

Myomelia chiffre vos saignements jour après jour, réunit vos comptes rendus d’échographie, d’IRM et d’hystéroscopie avec vos valeurs de ferritine, et prépare la fiche d’une page que vous poserez sur le bureau de votre gynécologue.

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Portrait de Jimenez Julien, auteur des articles du Relevé de cycle

L’auteur de cet article

Jimenez Julien

Il conçoit Myomelia avec des femmes suivies pour un fibrome, une adénomyose ou des règles hémorragiques, et passe ses journées dans les carnets de cycle, les comptes rendus d’imagerie et les bilans de fer. Il écrit les articles du Relevé de cycle en s’en tenant aux faits vérifiables, aux textes officiels et aux questions qui servent vraiment en consultation.

Le parcours complet de Jimenez Julien et les règles de conception de Myomelia

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